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21 mai 2015 1 commentaire Sénat

Pourquoi je démissionne du Conseil supérieur des programmes

 

Le conseil supérieur des programmes a été créé en 2012 par le ministre Vincent Peillon pour veiller à ce que les programmes de l’éducation nationale soient adoptés dans la transparence et la cohérence. Enseignant avant de m’engager en politique, j’avais à cœur de contribuer à cette noble mission. Cependant, ma courte expérience au sein de ce conseil m’a convaincu non seulement de son inutilité mais, plus encore, du subterfuge démocratique dont il est l’un des rouages. 

En effet, le conseil et ses membres ont été invités à façonner les futurs programmes constitutifs du socle de compétences. Or, depuis les premières étapes de ce processus, je ne peux qu’exprimer mon opposition à la transformation par l’absurde de programmes qui jusqu’alors remplissaient finalement assez bien leur office. Ainsi, les nouvelles moutures successives des programmes ne faisaient, à mon grand regret, qu’augmenter la complexité des programmes, par volonté de regrouper, sous des appellations vagues et imprécises, des contenus disparates. Pire, la volonté manifeste de réformer le contenu des enseignements dans le sens condamnable de l’abandon des piliers de la culture de la France s’est progressivement fait jour. Je ne peux accepter l’abandon en catimini d’une histoire de France compréhensible et contribuant à l’amour de notre pays, ou de la littérature française.

Au-delà des savoirs et des compétences, ces enseignements assurent en effet une véritable transmission de notre culture. Cette transmission est non seulement importante pour les jeunes, appelés à découvrir un monde plus âgé qu’eux-mêmes, comme l’écrit brillamment Alain Finkielkraut, mais elle est de plus vitale pour la société tout entière. On ne peut mesurer les dégâts d’une politique éducative, adoptée dans le temps court de l’action politique, que sur le temps long des évolutions sociales.

Il est toutefois aisé de pronostiquer la difficulté qu’auraient les futures générations à se sentir partie prenante de l’histoire et de la culture multiséculaires de notre beau pays, de notre grande nation, si ces éléments ne leur étaient pas transmis.   Ne pouvant véritablement infléchir les orientations délétères des travaux du conseil supérieur des programmes, j’ai acquis la conviction que je serai plus efficace, hors de ce conseil, en usant d’une liberté de parole retrouvée, mise au service du seul enjeu qui vaille : l’avenir de la France.

 

1 Commentaire

  1. par Rodolphe Dumouch le 12 septembre 2015  17 h 15 min Répondre

    Monsieur,
    Le 21 mai, c'est mon anniversaire ! Joli cadeau...

    Non que je soutienne l'ignoble "réforme" de Mme Belkacem. Je dirais même que j'en partage vos critiques, qui sont finalement un copié-collé de ce que pensent la majorité des enseignants. Toutefois, je ne suis pas dupe : votre posture n'est qu'un vernis pour masquer quelque chose d'aussi détestable : votre néoconservatisme (avec citation de Finkielkraut) qui ne trompe que peu de monde.

    Je ne veux pas de votre école à l'anglaise, avec des uniformes, des serments et des règlements intérieurs sacralisés. Cette obsession du règlement et de l'autoritarisme est d'ailleurs une tare commune à la droite conservatrice et à la gauche étriquée genre guichetier de catégorie C, celui qui vous pourrit la vie avec mille justificatifs grotesques pour faire une carte d'identité.

    Meirieu et le café pédagogique sont des pédago-libéraux de gauche, vous êtes un pédago-libéral-conservateur et c'est encore plus toxique. Les uns ont pour modèle la Finlande, vous ce serait plutôt Singapour, le pays où tout est interdit, le pays à 500 euros d'amende pour mâcher une gomme. Bien évidemment, ces deux courants sont objectivement alliés : tout le monde sait que les bobos de Terra Nova fricotent allègrement avec le club de l'horloge ou l'Institut Montaigne, que cette oligarchie infecte se fréquente au club du Siècle et nous prépare exactement la même société, voulue aussi par les technocrasses incompétents de l'OCDE et les eurocrasses de Bruxelles. Et que vous cous foutez de ce que pensent les populations.

    Je suis au SNALC, syndicat le plus opposé à la destruction culturelle voulue par l'actuel ministère. Nous sommes conscients des lubies que vous développez : caporalisation des professeurs, destruction de l'agrégation, "autonomie" des établissement (en fait renforcement du pouvoir des chefaillons), destruction de la liberté pédagogique du professeur dévoyée en "liberté des équipes", c'est-à-dire reformatage et lavage de cerveau par la pression du groupe. Sans compter l'encasernement des professeurs 35H00 dans l'établissement alors que de plus en plus d'entreprises, au contraire, permettent le travail à domicile (le management et le flicage des profs). Je n'ai pas passé une agrégation de sciences, étudié Darwin, la climatologie et la tectonique des plaques, écrit une thèse de géographie rurale, pour finir larbin de la pédagogie ni sous-flic du règlement intérieur, ni technicien subalterne des "compétences" foireuses, ni garde-chiourme présent du lundi au vendredi aux horaires de bureau des ronds-de-cuir, ni pour formater les élèves à je ne sais quelles "valeurs", qu'elles soient issues de la théorie débile du genre et/ou néoconnes.

    Sachez que vous nous trouverez sur votre chemin et qu'on ne vous fera pas plus de cadeau qu'à l'actuel gouvernement.

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